samedi 21 juin 2008

Roure : culture de la tubéreuse à Grasse

© Auteur du blog "... histoire des Roure" et famille Roure

Nous sommes sans doute au tout début du XXe siècle sur les terres cultivées proches de la ville de Grasse. Aujourd'hui, villa, mas s'épanouissent partout sur la Côte d'Azur. Hier des champs à perte de vue cultivaient les essences rares utiles en parfumerie, profitant de ce climat privilégié.

Ce champ dépend de la Parfumerie Roure. Sept femmes et deux hommes en veste, se concentrent sur la récolte des tubéreuses. Au début du XIXe siècle, on récoltait à Grasse autour de 20 tonnes de cette fleur par an. Puis ensuite cette production passa à plus de 100 tonnes par an avant de décliner pour ne produire aujourd'hui qu'une seule tonne sur les terres de Grasse.

Cette plante provenant de Perse fut introduite en Provence autour de 1632. Elle intéressa très tôt la parfumerie.

Sur cette photo de l'usine Roure, nous sommes au mois de Juillet, probablement très tôt dans la journée, deux, trois heures après le lever du soleil, au moment ou la tubéreuse comme les oeillets révèlent avec puissance leur odeur subtile.

Des pétales, après enfleurage à froid, l'usine tirera l'absolue de Tubéreuse. La fleur passera ainsi 72h sur la graisse animale pour déposer son parfum.

Aujourd'hui, si l'enfleurage est encore partiqué à Grasse, la majorité des extractions se font avec l'aide de solvants.

mardi 18 décembre 2007

L'orgue à parfum de Bruno Court, champ immense ouvert à la créativité

© Auteur du blog "... histoire des Roure" et famille Roure

Au tournant du siècle. Pas celui-ci. Le précédent. Louis-Maximin Roure s'effaçait dans sa villa de Cannes. Il laissa la parfumerie Roure Bertrand Fils à ses trois enfants : Marie, Louis fils, et Jean le plus jeune.

Bien plus tard les trois enfants se séparèrent. Marie et Louis reprirent les rênes de l'affaire. Tandis que Jean Roure reprenait ses parts. Ce ne fut pas simple. Une réelle rupture. Avec sa cohorte de secrets, d'intrigues comme nous en trouvions à cette époque dans le monde la parfumerie et ce milieu très fermé des grandes maisons de la ville de Grasse.

Jean laissa de côté pendant de nombreuses années le monde de la parfumerie, ayant signé une clause de non-concurrence avec son frère et sa soeur. Il portait en effet le même nom que la compagnie fondée par la famille en 1820. Il vécut ainsi de ses rentes avec sa petite famille...

Puis bien plus tard à la fin de sa vie, il eut envie de laisser quelque chose à ses petits enfants. La clause de non-concurrence étant caduque, il pouvait revenir dans le monde la parfumerie. A cette occasion il racheta une parfumerie Grassoise : l'usine Bruno Court. Pour une somme rondelette. Cependant les techniques d'hier n'étaient plus les mêmes. La deuxième révolution industrielle dans le monde de la parfumerie était en marche. Les compagnies se restructuraient, mettaient en place de nouveaux processus.

Il fit venir venir les meilleurs nez pour inventer de nouveaux parfums, comme à la grande époque. Cette photo du photographe Roger Porta à Grasse, sans doute des années 50 montre l'orgue à parfum de l'usine Bruno Court. Les milliers de flacons laissent imaginer le champ ouvert de créativité pour les nez. Il devait y être possible de tout recomposer ou presque, d'inventer les fragrances les plus subtiles. L'image d'Epinale de l'orgue à parfums consiste en un meuble en forme de demi-lune avec plusieurs petites étagères offrant les différentes familles d'essences. Ici, il en est tout autre, l'orgue à parfum occupe toute la pièce, l'ensemble des étagères... Je me prendrais presque à rêver d'y être une petite souris et d'observer ces professionnels à l'ouvrage durant quelques heures, avant que leur épithélium nasale ne ses sature.

Un rêve qui clôture provisoirement le blog avec cette nouvelle, après un an d'expérience et de multiples partages comme sur les autres blogs : "Sur les pas d'une collection" et "Histoire des Brocard : monde des parfums en Russie". Nous reviendrons. A bientôt...

lundi 3 décembre 2007

Maison Art Nouveau de la famille Roure à Grasse

© Auteur du blog "... histoire des Roure" et famille Roure

Sur les hauteurs de Grasse, capitale des parfumeurs, la famille Roure fit édifier autour de 1900 une grande villa art nouveau pour héberger la famille. Elle fut habitée par plusieurs générations de Roure puis par d'autres descendants. Dans les années 50, mon père y faisait du patin à roulettes dans la grande salle à manger.


© Auteur du blog "... histoire des Roure" et famille Roure

Sur cette deuxième photo, nous sommes en 1912. On peut y reconnaître quelques membres de la famille Ferrand. Madame Eugénie Ferrand, née Brocard avec son ombrelle. Les Brocard était une autre grande famille de parfumeurs en Russie. Marcel Ferrand de dos qui sera fauché par la Grande Guerre quelques jours avant l'Armistice. Et sans doute, sous un grand chapeau, Henriette Ferrand, épouse de Jean Roure, propriétaire de la maison.

© Auteur du blog "... histoire des Roure" et famille Roure

Cette dernière photo, montre une partie de la maison, du côté de l'entrée réservée aux autos. Je n'arrive pas à reconnaître ces deux dames. Cependant leurs tailles respectives laissent imaginer la hauteur des plafonds et la perspective que devait offrir le grand escalier de marbre derrière cette porte.

Vers la fin des années 60, la mairie ne se porta finalement pas acquéreur de ce bien. Il fut vendu, puis détruit, pour céder la place à de grands immeubles qui occupent tout l'espace du jardin et abritent aujourd'hui de multiples familles.

Des générations passent la porte de l'usine Roure


Une vue de l'entrée administrative de l'Usine Roure à Grasse.
Depuis 1820, de nombreuses générations étaient passées par ces portes. Avant le nouveau siècle, autour de 1900 une partie de la famille avait vécu dans ces maisons.
Aujourd'hui ces bâtiments existent toujours et constituent une partie du nouveau musée international de la parfumerie.

vendredi 19 octobre 2007

Parfum : une vue de l'usine Roure avant 1900

© Auteur du blog "... histoire des Roure" et famille Roure

Une dessin relativement peu commun de l'usine Roure à Grasse. C'était sans doute il y a de nombreuses années proches de la fondation en 1820. Tout autour se situent de nombreux champs et cultures de plantes rares, subtiles, destinées à la parfumerie. Le paysage a tellement changé aujourd'hui. Cette photo donne une idée de la vie autour de Grasse à l'époque et des odeurs qui devaient aborder les faubourgs de la ville.

lundi 23 juillet 2007

Villa Roure à Grasse

© Auteur du blog "... histoire des Roure" et famille Roure

C'était une magnifique maison art nouveau construite par les deux frères Roure, Louis et Jean. Ce dernier avait 27 ans lors de la construction. Au 5 et au 12 boulevard Carnot à Grasse se trouvaient deux des maisons Roure.

Quelques cartes postales soulignent ces villas d'un autre temps postées sur les hauteurs de la ville qui petit à petit au tournant du siècle remplacent les champs de roses ou de jasmin.
Cette photo rescapée donne une idée du magnifique jardin qui remporta à la grande époque quelques prix. La famille Roure et Ferrand y prend un instant le soleil timide de cette année 1912. Quelques années plus tard, la Grande Guerre en fauchera tristement quelques membres.

La salle à manger de la maison était immense dans les souvenirs de mon père, tant celui-ci aimait y user ses patins à roulettes. Les fenêtres étaient souvent fermées pour se protéger de la chaleur et épargner les meubles ou tissus.

Notre arrière grande tante Lucie Landry revenue de Russie, s'y occupait de gérer l'intendance, les menus et les cuisines...

Je n'ai pas connu cette maison. Mon grand-père la vendait il y a presque 40 ans.
Et si nous rassemblions les notes et souvenirs des membres de la famille qui ont eu l'occasion de l'habiter ?

mercredi 25 avril 2007

Usine Roure : enfleurage à froid

© Auteur du blog "... histoire des Roure" et famille Roure

Les fleurs de Jasmin étaient délicatement collectées le matin même, au moment juste où le parfum est le plus puissant. Apportées aussitôt dans l'usine Roure, de multiples femmes aux mains délicates les disposent sur des petites palettes en verre serties de bois. Posée une à une sur la graisse animale, la fleur va s'évanouir dans ses derniers effluves et nourrir la matière.

L'opération répétée de multiples fois sur près de soixante jours, avec patience, tapis de fleurs par tapis de fleurs, permettra de concentrer les odeurs sur ce coussin de lipides.
Traitée dans l'alcool, la graisse pourra ensuite libérer l'absolu de Jasmin sous forme de pommade dans des proportions extravagantes. En effet près d'une tonne de fleur sera nécessaire pour obtenir tout juste un litre d'absolu.

Cette technique ancestrale fut largement optimisée par la maison Roure avec un équilibre subtil et secret entre la graisse de boeuf et de porc. Cette composition habile captait toute la puissance des fleurs et fit la renommée des absolus Roure sur tous les continents.